"Ils ont tout…"
"Ils ont tout…" titre le Journal de Québec à propos les assistés sociaux en citant ou en résumant la pensée du nouveau ministre de la Solidarité sociale, l’ineffable Sam Hamad. On croit rêver. Encore une fois, les boucs émissaires traditionnels sont désignés à la vindicte publique par un des parasites à galons de notre petite oligarchie nationale. Cette fois-ci le message est relayé dans la première édition publiée par un journal en lock-out. Le discours est d’un crétinisme insondable, la manœuvre, méprisable.
Elle témoigne cependant à merveille de l’inquiétude atavique qui afflige les franges mafieuses des élites de tous poils, celle où on les forcerait à partager les ressources et les privilèges, à répondre de leurs crimes. C’est pourtant la direction que commence à prendre la société québécoise et il en va de sa survie. Les ratages navrants du discours idéologique d’extrême droite véhiculé par les huiliers les plus en vue de ce système corrompu annoncent un retour du balancier. Revenu minimum garanti, revenu maximum socialement acceptable, moins de condos et plus de logements sociaux, voilà qui fait grincer bien des dents, pour le moment.
Pour le moment, les assistés sociaux du Québec n’ont presque rien, les miettes de la table du festin. Qu’on leur serve au moins, en entrée, la tête de leur ministre! Ils fourniront le ketchup…
Marc O. Rainville, b.s., Montréal
"Ils ont tout…"
Lu sur Cybersolidaires cette réflexion intéressante:
Premier mai
Soirée cabaret des libertaires
Pour le Premier Mai – Journée internationale des travailleuses et des travailleurs – le collectif de la Page Noire vous invite une soirée-cabaret soulignant l’esprit de résistance au capitalisme et le désir de révolution.
Musique, poésie, politique... et plus encore!
Avec la participation de Guernica, Filon d'or, DJ Silteplait et plusieurs autres.
Mardi le 1er mai à partir de 19h00
Au Café-Bar l’Agitée, 251 Dorchester (Québec)
Contribution volontaire à l’entrée
Pour le Premier Mai – Journée internationale des travailleuses et des travailleurs – le collectif de la Page Noire vous invite une soirée-cabaret soulignant l’esprit de résistance au capitalisme et le désir de révolution.
Musique, poésie, politique... et plus encore!
Avec la participation de Guernica, Filon d'or, DJ Silteplait et plusieurs autres.
Mardi le 1er mai à partir de 19h00
Au Café-Bar l’Agitée, 251 Dorchester (Québec)
Contribution volontaire à l’entrée
Le pouvoir des médias...
La série du Devoir sur le scandale de l'aide sociale aura permis, contre toute attente, de faire bouger des choses. En effet, on apprend ce matin que le ministère clarifie ses directives. Concrètement, l'aide en nature venant de proches ne sera plus coupée. «Une exclusion totale s'applique dans tous les cas où un prestataire reçoit des dons en nature ou en services. [...] Au besoin, cette position sera rappelée aux agents d'Emploi-Québec», écrit-on dans un communiqué du ministère.
Par ailleurs, en continuant de creuser, la journaliste Clairandrée Cauchy a découvert que les agents d'aide sociale pouvait même couper un chèque pour des revenus tirés de... la quête! Elle raconte le cas hallucinant d'un squeegee qui avait naïvement confié à son agent que jusqu'à maintenant il vivait de la quête. L'agent lui avait demandé combien il pouvait tirer de la quête, le jeune avait répondu en confiance. Quelle ne fut pas sa surprise de voir son premier chèque amputé de 70$! Sans commentaire...
À lire: Quêter pour arrondir ses fins de mois a un coût
Par ailleurs, en continuant de creuser, la journaliste Clairandrée Cauchy a découvert que les agents d'aide sociale pouvait même couper un chèque pour des revenus tirés de... la quête! Elle raconte le cas hallucinant d'un squeegee qui avait naïvement confié à son agent que jusqu'à maintenant il vivait de la quête. L'agent lui avait demandé combien il pouvait tirer de la quête, le jeune avait répondu en confiance. Quelle ne fut pas sa surprise de voir son premier chèque amputé de 70$! Sans commentaire...
À lire: Quêter pour arrondir ses fins de mois a un coût
Le scandale de l’aide sociale
Depuis deux jours Le Devoir* lève le voile sur une partie du scandale de l’aide sociale. Des gens qui reçoivent un coup de main régulier de proches ou d’amis se font couper leurs chèques, même si c’est en nature. L’État tolère la charité institutionnalisée mais pas la solidarité bêtement humaine, celle des amis ou de la famille. «Impossible d'avoir une solidarité sociale dans la dignité» en a conclu le Front commun des personnes assistées sociales. J’irais plus loin et je dirais qu’il n’y a pas de dignité possible à l’aide sociale. Le scandale que dénonce Le Devoir n’est que la pointe de l’iceberg. Il y a aussi les mères mono-parentales qui se font couper la pension alimentaire. Ceux qui partagent un logement avec de la parenté qu’on coupe. Et combien d’autres situations?
Mais il y a plus. Le gouvernement divise les personnes assistées sociales entre « bons pauvres », les personnes inaptes au travail qui ont droit au « gros chèque », et les « mauvais pauvres », les personnes aptes au travail qui n’y ont pas droit. Celles-là on va leur donner moins que le strict minimum, de peur qu’une prestation décente les « désincite » au travail.
Je cotoit depuis des années des personnes assistées sociales. Parce que je suis déjà passé par là et parce que depuis je travaille dans un groupe communautaire. Dans une situation de « quasi-plein emploi », les gens qui restent à l’aide sociale sont vraiment mal pris et exclus. Souvent, la seule différence entre les « aptes » et les « inaptes » c’est une maladie, physique ou mentale, reconnue officiellement pour les seconds.
Ce qu’on fait vivre aux personnes assistées sociales est inacceptable et indigne d’une société évoluée. On stigmatise les gens, on ne leur donne pas les moyens de s’en sortir et on les force à survivre de peine et de misère. On les punit pour ne pas avoir réussi à s’intégrer sur le marché du travail. Au Québec, on hait les perdants et on s’amuse à cogner dessus.
Il y aurait bien des choses à changer à l’aide sociale. À commencer par la distinction entre « aptes » et « inaptes » au travail. Mais le cœur du problème reste l’insuffisance des prestations. À 548$ par mois il est impossible d’arriver et de chercher activement de l’emploi. La personne est plongée dans une logique de survie et doit courir les banques alimentaires et les groupes communautaires. Sans parler des exigences des agents du gouvernement. Ça devient rapidement une job à temps plein! Sauf que quand les groupes communautaires proposent d’augmenter les prestations, ils se font regarder croche et la première question qu’ils se font poser c’est « combien ça va couter? » Curieusement, personne ne s’inquiète du coût social de garder tant de gens dans la misère à l’année longue.
*À lire La charité des proches pénalisée à l'aide sociale et Chèques d'aide sociale amputés - le ministère viole ses propres règles de Clairandrée Cauchy et l'éditorial de Marie-Andrée Chouinard.
À signaler - À bas les pourris
Une illustration par A + B que le pouvoir corrompt... Lu dans Le Devoir du 16 avril :
À bas les pourris
par François Brousseau
Ce sont des gens qui font la morale au peuple et montrent la voie au reste du monde. Qui savent suprêmement distinguer le Bien du Mal... mais qui ne pratiquent pas toujours cette distinction pour eux-mêmes.
Des gens qui, lorsqu'il faut déclencher une guerre contre l'incarnation du Mal qu'était Saddam Hussein, vont se livrer -- sans le moindre pincement -- à tous les mensonges, à toutes les intimidations nécessaires pour faire passer leur Grande Vérité, toujours identifiée au Bien.
***
Ils s'appellent Richard Perle, celui qu'on surnommait à Washington «le prince des Ténèbres»: l'homme qui, en sa qualité de président du Conseil d'expert en défense formé autour du président Bush, fut l'un des lobbyistes les plus actifs et les plus influents en faveur d'une invasion de l'Irak.
Le même homme, durant la même période, fut soupçonné de multiples conflits d'intérêts impliquant le Pentagone et ses politiques d'achats, des compagnies d'armements israéliennes et américaines qu'il dirigeait ou avait dirigé. Sociétés qui s'appelaient, par exemple, Hollinger. Et qui pour ces raisons fut obligé de démissionner, en 2003, de la présidence de ce supposé «conseil des sages»...
Ils s'appellent aussi Dick Cheney, toujours vice-président des États-Unis. Cheney, c'est l'homme qui pense pour George Bush, et celui qui -- en tout cas jusqu'à ces derniers temps -- décide vraiment à la Maison-Blanche.
Pendant la course fanatique à la guerre anti-Saddam, Cheney et ses acolytes se sont livrés à une intimidation de type mafieux contre les chercheurs de la CIA et d'autres agences qui disaient «Mais monsieur, nous ne trouvons rien sur les armes de destruction massives!» et qui furent forcés, à cause de ce «crime», de changer leurs versions ou de disparaître du paysage.
Ces gens ont des copains dans les plus grandes sociétés, comme la texane Halliburton, dont Cheney fut l'un des dirigeants. Compagnie qui a profité de milliards de dollars de contrats en Irak. Contrats sans appels d'offres, financés par le gouvernement américain, pendant que l'Irak se transformait en un trou sans fond propice aux coulages les plus astronomiques de l'histoire moderne.
***
Et puis ils s'appellent Paul Wolfowitz... Lui, c'est l'ancien vice-secrétaire à la Défense, l'«intellectuel» hautain qui savait mieux que quiconque distinguer le bonheur et le malheur, le Bien et le Mal. Et qui, en outre, connaissait mieux que les plus hauts gradés -- lui qui n'avait jamais revêtu l'uniforme -- toutes les arcanes de la stratégie moderne...
Célèbre est restée sa réplique assassine au général Eric Shinseki, venu dire au Congrès que pour «bien faire le travail» en Irak, il faudrait «plusieurs centaines de milliers de soldats»... au lieu des 150 000 prévus! «Des chiffres délirants», avait tranché Wolfowitz. L'histoire, bien sûr, a entièrement donné raison à Shinseki.
L'homme était donc fat et incompétent. Mais il se révèle également, comme les autres, d'une moralité inversement proportionnelle à ses prétentions. Wolfowitz avait fui la controverse et l'ignominie au Pentagone... pour se réfugier à la tête de la Banque mondiale, nommé là par George Bush. À la Banque mondiale, il avait fait -- oui -- de la «lutte à la corruption», surtout en Afrique, sa grande priorité...
Eh bien, l'affaire qui le rattrape aujourd'hui -- et qui complète magnifiquement le portrait du personnage --, c'est une histoire de maîtresse promue et protégée par lui dans une sinécure à 200 000 dollars. Le scandale fait les grands titres à Washington. Cette semaine, les employés de la Banque mondiale, découvrant l'affaire, ont houspillé leur patron, alors qu'il sortait de ses bureaux, et l'ont traité de «voleur» et de «pourri». Quant aux ministres étrangers, justement réunis à Washington pour une réunion de la Banque, beaucoup se sont déclarés troublés...
L'affaire Wolfowitz, qui ébranle l'institution, n'est au fond qu'une petite histoire de népotisme comme il y en a des milliers. Mais lorsqu'elle touche une personne comme celle-là, on ne peut s'empêcher d'y voir une justice immanente. Justice doublée d'un avertissement aux prétentieux à gros bras, supposés moralistes, qui entendent refaire le monde à leur image.
François Brousseau est chroniqueur et affectateur responsable de l'information internationale à la radio de Radio-Canada.
francobrousso@hotmail.com
Art & Anarchie

ART + ANARCHIE MONTRÉAL 2007
La plus grande exposition d'art visuel engagé du 3 mai au 13 mai 2007
La toute première édition de l'exposition Art + Anarchie de Montréal 2007 mettra en avant scène le travail de plus de 200 artistes visuels socialement et politiquement engagés de partout dans le monde avec des événements associés, du 3 mai au 13 mai, au 6750, de l'Esplanade . (À noter que les heures d'ouverture de la nouvelle galerie temporaire Esplanade Loft Project seront les suivantes : les jeudi et vendredi soir de 18h à 22h et les samedi et dimanche de 12h à 17h.)
Pendant toute l'exposition il y aura aussi des évènements artistiques spéciaux tels conférence et table ronde entre les différents artistes sur le thème de l'art et l'anarchisme, des lancements de livres, de courts films sur l'art et l'anarchie et une conférence multi-média avec une participante des évènements de mai '68 à Paris, l'auteur/artiste Angéline Neveu, etc.
Informations
C’es-tu juste moé qui est fucké ?
Lu sur La Tribu du Verbe
Non, c'est pas juste toé qui est fucké, on est au moins deux...
C’es-tu juste moé qui est fucké ?
Mais quand j’ai vu l’air contrit de Céline Galipeau dimanche soir
M’annoncer que 6 soldats canadiens étaient morts en frappant une bombe en Afghanistan ...
Je n’ai pas ressenti d’émotion particulière.
En tout cas pas de peine, ni de tristesse, rien.
C’es-tu juste moé qui est fucké ?
Mais, ce n’est que quand Mme Galipeau a commencé à citer les noms des soldats
Que j’ai enfin ressenti quelque chose.
De la colère !
On s’en crisse de leurs noms, ce n’est que de la chair à canon.
Est-ce qu’on met le prénom du bœuf sur le paquet de steak haché ?
C’es-tu juste moé qui est fucké ?
Mais quand Mme Galipeau nous a rappelé qu’on en était rendu à 51 canadiens tués sur le front afghan...
Je me suis écrié : Pis nous, on en a tué combien d’afghans, talibans ou autres ?
500 ? 5 000 ? 50 000 ? Un demi-million ?
Après tout, nous on a mieux que des bombes artisanales et on doit bien en tuer plus qu’on en perd des soldats anonymes qui devraient le rester.
Les grands médiocres ne cumulent jamais l’autre côté de la médaille d’honneur.
C’es-tu juste moé qui est fucké ?
Mais quand notre premier sinistre, Stephen Harpon, a mentionné que « notre cœur souffre pour nos soldats décédés... »
Je n’ai pas eu la moindre inquiétude pour mon rythme cardiaque.
Et quand le chef de l’opposition, l’autre Stéphane, a ajouté que « nous avions une dette de reconnaissance énorme envers les forces canadiennes qui risquent leur vie en faveur d'un monde plus sûr et plus sécuritaire... », je me suis encore demandé qui était derrière ce « nous ».
Certainement pas moi !
Je ne devais absolument rien, surtout pas de la gratitude, à quelque militaire que ce soit.
Et quand le chef moustachu du Nouveau PD, Jack Layton, a mentionné que « Comme tous les Canadiens, je suis profondément secoué... », je me suis encore moins senti « canadien » que d’habitude.
Finalement, quand le chef des bloqueux, Gilles Duceppe, a salué le « courage » des 6 militaires tués, il n’a provoqué en moi qu’un sourire ironique habituel.
C’es-tu juste moé qui est fucké ?
Mais Vimy non plus, ça ne me fait pas un pli sur l’indifférence que je porte aux volontaires qui choisissent de mettre leur vie entre les mains des puissants stratèges qui jouent à la guerre depuis que l’humanité est sortie des cavernes où elle a vu le jour.
C’es-tu juste moé qui est fucké ?
Mais je n’ai aucune parcelle de respect pour aucune guerre, aucune armée et aucun politicien qui tente de justifier l’une ou l’autre.
« La guerre justifie l’existence des militaires, en les supprimant. » Henri Jeanson, journaliste et cinéaste.
« Et bons débarras, 6 de moins à soigner au prozac à leur retour. » Rapporteur Zircona, chroniqueur et ironiste.
Non, c'est pas juste toé qui est fucké, on est au moins deux...
La pensée magique de la CORPIQ
« La pénurie de logements est du passé… ou presque » titrait Le Soleil samedi, se faisant ainsi le porte-voix de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ). Il paraît que « les taux d’innocupation remontent ». Heille, faudrait pas prendre les lecteurs pour des imbéciles, ça fait cinq ans qu’on nous dit que « les taux d’innocupation remontent » ! Alors qu’un « marché équilibré » se situe à 3%, le taux global d’innocupation est actuellement de 1,5% dans la région de Québec, ce qui est passablement inquiétant. Le représentant de la CORPIQ a le culot d’affirmer que seul « les gens pas organisés » risquent de se retrouver à la rue le premier juillet. Non, mais, quel mépris ! Même « très organisé » c’est à peu près impossible pour une famille à revenu modeste de trouver à se loger. Là où la pénurie de logement se fait réellement sentir c’est du côté des logements abordables. La réalité c’est qu’il n’y a pas de grand logement libre en bas de 500$ par mois. Il ne faudrait pas oublier que les loyers ont augmenté deux fois plus vite que l’inflation depuis le début de la crise du logement. La CORPIQ ajoute l’insulte à l’injure : après avoir allègrement profité de la crise, les proprios voudraient maintenant que le gouvernement finance leurs loyers trop chers en accordant des subventions aux locataires désargentés plutôt que de construire plus de logements sociaux. Je suis radicalement contre ! Subventionner les propriétaires privés pour aider les locataires, ça va pas ? Outre le fait que les Suppléments au loyer privé coûtent plus cher que le logement social (eh oui!), de telles subventions n’apportent rien à la société sur le long terme. Avec le logement social, quand une personne réussi à améliorer sa situation, la communauté se retrouve avec des appartements qui forment un actif important pouvant ensuite aider d’autres personnes mal pris. De l’autre côté, avec le Supplément au loyer privé, il ne reste rien. Il faut absolument poursuivre le développement de logements sociaux, l’arrêter ne rendrait service à personne… à part peut-être aux membres de la CORPIQ. Désolé messieurs les représentants des proprios mais votre « solution » reviendrait à jetter de l’argent par les fenêtres. Et ça, le Québec n’en a pas les moyens.
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