Caroline Montpetit
Le Devoir
Édition du samedi 30 juin et du dimanche 01 juillet 2007
On pourrait croire que son esprit ne se repose jamais. Il veille, l'oeil ouvert, pour débusquer les incohérences et les arnaques dans les discours publicitaires, dans les promesses des charlatans, dans les démonstrations statistiques, dans l'appareil médiatique ou dans la rhétorique des politiciens. Le dernier opus de Normand Baillargeon, intitulé Petit cours d'autodéfense intellectuelle et publié aux Éditions Lux en 2005, fait un malheur en France (toutes proportions gardées, puisqu'il s'en est vendu environ 6000 exemplaires), après s'être vendu à quelque 30 000 exemplaires au Québec. Il arrive à une époque où l'esprit critique, soumis de toutes parts à un flot d'informations propagandistes, a bien besoin d'un peu plus d'entraînement.
Ce que Normand Baillargeon propose, dans son Petit cours d'autodéfense intellectuelle, ce sont des exercices de remise en question des informations qui nous submergent. Le manuel, qui pourrait en effet faire l'objet d'un cours, s'adresse à tous. Il est d'ailleurs déjà utilisé dans certains cégeps, en philosophie, et pourrait l'être dans d'autres disciplines. En France, il reste bien placé dans les palmarès des ouvrages de sciences humaines des librairies, déclassant même, un moment, le dernier ouvrage de Benoît XVI, ou encore les oeuvres de Claude Allègre et de Comte-Sponville. Une grande victoire pour ce professeur de sciences de l'éducation de l'UQAM, qui se dit anarchiste, donc sans dieu ni maître...
C'est après que Radio France ait diffusé une série radiophonique sur le penseur Noam Chomsky, à laquelle Normand Baillargeon a beaucoup participé, que les ventes du Petit cours se sont subitement multipliées en mai dernier. «C'est aussi une question de courant, explique Sylvain Nault, directeur de la librairie du Québec à Paris, qui distribue l'ouvrage en France. Ce livre est paru dans un contexte de campagne électorale présidentielle, alors que toute la gauche était mobilisée». Autre explication du succès du Petit cours en France: les illustrations, signées Charb, illustrateur français qui collabore régulièrement à Charlie Hebdo, Télérama, et L'Humanité.
Pour développer l'esprit critique individuel, Normand Baillargeon met certains outils à la disposition du lecteur. D'abord, il invite à se méfier du langage, qui charrie son lot de connotations, d'imprécisions, sans parler des mensonges et de la manipulation. L'art de la manipulation du langage et des arguments, qui a cours tous les jours dans notre système de justice, ne date pas d'hier. Le sophisme, ce «raisonnement invalide avancé avec l'intention de tromper son auditoire», a fait son apparition au Ve siècle avant Jésus-Christ, en Sicile. Et Baillargeon cite joliment Gorgias, ce sophiste qui écrivait dans Éloge d'Hélène: «[...] il y a des discours qui affligent, d'autres qui enhardissent leurs auditeurs, et d'autres qui, avec l'aide maligne de la persuasion, mettent l'âme dans la dépendance de leur drogue et de leur magie». Les techniques utilisées pour manipuler la pensée par le discours sont diverses. La tentative de discréditer quelqu'un, à la manière des avocats, pour empêcher que passe son message, en est une. L'utilisation abusive du jargon, notamment chez les universitaires, en est une autre. Sur ce dernier point, il cite Noam Chomsky, dont il est très proche, et qui n'y va pas de main morte dans sa dénonciation des intellos.
«Il y a là un défi pour les intellectuels. Il s'agira de prendre ce qui est plutôt simple et de le faire passer pour très compliqué et très profond. Les groupes d'intellectuels interagissent comme cela. Ils se parlent entre eux, et le reste du monde est censé les admirer, les traiter avec respect, etc. Mais traduisez en langage simple ce qu'ils disent et vous trouverez bien souvent ou bien rien du tout, ou bien des truismes, ou bien des absurdités», écrit-il. Voilà de quoi décomplexer la majorité de la population qui ne fréquente pas les universités...
En deuxième lieu, Baillargeon propose à ses lecteurs un petit entraînement aux mathématiques, cette science rébarbative à plusieurs qui, à défaut de s'y frotter, s'exposent aux conclusions parfois douteuses de ceux qui pensent la maîtriser. Baillargeon mentionne que la plupart des esprits non exercés se prêtent mal à un calcul approximatif des probabilités. Vous viendrait-il à l'idée, par exemple, que vous courez deux fois plus de risques de mourir d'une piqûre d'abeille que de gagner à la 6/49? Autres chevaux de bataille: les moyennes arithmétiques, qui donnent souvent une vision des choses faussée par les extrêmes, ou encore les tableaux statistiques que l'on peut modifier à sa guise pour tromper l'oeil, etc. Baillargeon pose le problème ainsi: nous sommes victimes d'une «indigestion de nombres qui n'ont strictement aucun sens», et la solution est de «compter soigneusement avant de décider de les consommer». Il prend l'exemple d'un universitaire qui disait devant un auditoire d'intellectuels, il y a quelques années, que 2000 enfants irakiens mouraient chaque heure durant l'embargo américano-britannique sur l'Irak, qui a pris fin avec la chute de Saddam en 2003. «Si 2000 enfants meurent chaque heure, vous ferez facilement le calcul, cela fait 17 520 000 enfants par an, et ce, depuis dix ans; et cela se passerait dans un pays qui compte 20 millions d'habitants», rétorque Baillargeon.
De gauche
Détrompez-vous cependant, l'homme est farouchement de gauche. Anarchiste, plus précisément, c'est-à-dire pour une société où le pouvoir n'aurait, en principe, pas sa place. «Les formes de pouvoir doivent se justifier, dit-il, sinon, il faut les combattre.» En ce sens, sa vision du monde est complètement opposée à celle d'Edward Bernays, cet Américain, neveu de Sigmund Freud, considéré comme le père des relations publiques et qui a été identifié comme l'un des personnages les plus influents du XXe siècle par le magazine Life.
Présentement, Normand Baillargeon termine la rédaction d'une préface de l'ouvrage Propaganda, écrit par Bernays et en voie d'être réédité aux Éditions La Découverte en France. Bernays a lancé l'idée que des forces occultes et opaques doivent mobiliser, contrôler, orienter l'opinion publique, explique Baillargeon. «Il croit que 20 % de la population sait et peut décider pour les autres; les autres 80 % étant des imbéciles et des moutons», dit-il. C'est exactement le contraire de son pari à lui, cet espoir d'une société plus juste, basée sur l'intelligence des gens. Son petit cours d'autodéfense intellectuelle est donc une invitation à interroger l'ordre social jusqu'à ce que les réponses obtenues soient satisfaisantes pour l'esprit critique.
Mais il faut aussi se méfier de soi-même, et Baillargeon consacre un chapitre à la remise en question des perceptions individuelles, à travers la mémoire, par exemple. Enfin, s'il croit à la nécessité des médias, il propose, pour les lire, de tenir compte de leur taille et de leur appartenance, de leur dépendance à la publicité, de leur dépendance à certaines sources officielles, de leur anticommunisme de principe, et des critiques que les puissants ont à leur égard.
En fait, le travail de Normand Baillargeon se base d'abord sur une position philosophique. L'homme croit à une vérité extérieure qu'il faut tenter de cerner. «Je crois que le monde existe indépendamment des représentations que j'en ai.» Pour ce faire, la science est sa meilleure alliée. «Je suis un fervent amoureux de la science, dit-il. La science est le meilleur moyen que l'humanité ait trouvé pour connaître. On sait peu de choses, notre savoir est limité, et la science est un moyen limité de connaître, mais c'est le seul dont on dispose.» La science et un petit guide d'autodéfense intellectuelle, pour affronter la vie.
À signaler - Le Devoir de philo - Jean-Jacques Rousseau serait abstentionniste
J'avais laissé passé ça. C'était dans Le Devoir il y a deux semaines.
Le Devoir de philo - Jean-Jacques Rousseau serait abstentionniste
Francis Dupuis-Déri, Professeur au département de science politique de l'UQAM
Édition du samedi 09 et du dimanche 10 juin 2007
«À l'instant qu'un peuple se donne des représentants, il n'est plus libre ; il n'est plus», écrivait le philosophe
La philosophie nous permet de mieux comprendre le monde actuel: tel est un des arguments les plus souvent évoqués par les professeurs de philosophie pour justifier l'enseignement de leur matière au collégial. Le Devoir leur a lancé le défi, non seulement à eux mais aussi à d'autres auteurs, de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un grand philosophe. Nous publions ici leur «devoir de philo», dont voici le dernier de la saison.
Au printemps 2007, deux élections présidentielles ont été marquées par des taux de participation très contrastés. En France, environ 85 % des inscrits aux listes électorales ont exprimé leur suffrage. Au Mali, le taux de participation n'était que de 36 %. Quant au Canada et au Québec, si la tendance se maintient, seulement 70 % des adultes inscrits sur les listes électorales voteront lors des prochaines élections. Le taux d'abstention était en effet de 29 % aux élections québécoises du 26 mars dernier, si on ne compte que les adultes inscrits. Lorsqu'on comptabilise l'ensemble des adultes en droit de voter et non seulement les inscrits sur les listes électorales, le taux d'abstention atteint en général 50 % au Canada et aux États-Unis.
La relecture de Jean-Jacques Rousseau peut aider à comprendre ce phénomène, car ce philosophe propose une des critiques les plus acerbes du processus électoral, mis à part, bien sûr, celles des auteurs anarchistes, qu'il précède et annonce.
Il n'y a rien d'étonnant à ce que des philosophes critiquent le système électoral puisqu'ils se targuent souvent de savoir dégager la vérité par la raison. Or c'est la force du nombre et non de la raison qui fait le résultat d'une élection et la majorité peut se tromper en ce qui a trait au bien et au bon.
Rousseau, dont la pensée n'est pas toujours cohérente à ce sujet, critique pour sa part l'élection non pas en affirmant que le peuple est fondamentalement irrationnel mais plutôt dans le cadre de sa dénonciation de l'élitisme et des inégalités entre les hommes (mâles).
Dans son ouvrage Du contrat social, Rousseau laisse entendre que c'est lorsqu'il cède son pouvoir à des dirigeants par le biais d'élections que le peuple fait preuve d'irrationalité. Évoquant l'Angleterre de son époque, où les hommes pouvaient élire les membres de la Chambre des communes, il explique que la «souveraineté ne peut être représentée», pas plus que la «volonté générale», avant d'ajouter, cinglant: «Le peuple anglais pense être libre; il se trompe fort, il ne l'est que durant l'élection des membres du parlement; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l'usage qu'il en fait mérite bien qu'il la perde.»
Les critiques que propose Rousseau de la représentation politique influenceront de nombreux activistes des mouvements populaires lors de la Révolution française. Ainsi, John Oswald, un Écossais qui se rend en France pour participer à la révolution et s'y faire tuer par des contre-révolutionnaires, signe un pamphlet intitulé Le Gouvernement du peuple, dans lequel il s'approprie les idées de Rousseau contre la représentation électorale. «Être libre, c'est vivre selon sa volonté; vivre selon la volonté d'un autre, c'est être esclave», déclare-t-il.
Il explique ensuite que «la représentation est le voile spécieux à l'ombre duquel se sont introduits tous les genres de despotisme», les uns se prétendant représentants de la lune, les autres du soleil ou des ancêtres, puis finalement de la nation.
Ces prétendus représentants de la nation ne la déclarent souveraine que dans la mesure où elle abdique cette souveraineté à leur profit, qu'elle la leur confie («Voilà le grand secret de la représentation!»). Or, rappellent Rousseau puis Oswald, cette représentation n'est toujours qu'une «fiction» relevant d'une pensée magique et malheureusement héritée du Moyen Âge féodal, d'où nous viennent les parlements institués alors par les rois pour les aider à lever taxes et impôts.
L'abstentionnisme philosophique
La relecture de Rousseau et de ses continuateurs révèle donc que l'abstentionnisme peut se justifier, au nom de la liberté et de l'égalité, dans le cadre de la tradition de la philosophie politique occidentale. Certes, les sciences sociales ont proposé diverses thèses mécaniques pour expliquer l'abstentionnisme dans les régimes libéraux contemporains.
Des études révèlent qu'on retrouve les plus forts contingents d'abstentionnistes dans les segments de la population les plus défavorisés et marginalisés, précisément parce qu'on y sait très bien que les élus, presque tous issus des classes supérieures, ne représentent pas leurs intérêts.
D'autres analyses indiquent que les politiciens eux-mêmes sont responsables du haut taux d'abstentionnisme en raison de la corruption endémique et des promesses non tenues qui minent la crédibilité de l'élite politique.
Pour certains, enfin, il est rationnel du point de vue individualiste de ne pas se déplacer pour aller voter dans la mesure où un vote individuel a un effet infinitésimal, voire nul, sur le résultat global du scrutin.
Au-delà de ces considérations sociologiques, la tradition de la philosophie politique occidentale propose, de Platon à Rousseau, de considérer l'élection comme une pratique aristocratique plutôt que démocratique. Dans son Projet de constitution pour la Corse, Rousseau rappelle ceci: «Quand l'autorité suprême est confiée à des députés, le Gouvernement [...] devient aristocratique.» Des trois types de régimes purs, soit la monarchie (un seul gouverne), l'aristocratie (une minorité gouverne) et la démocratie (la majorité ou la totalité gouverne), l'élection relève bel et bien de l'aristocratie puisqu'elle offre la gouverne à une minorité.
Au Québec, il s'agit même d'une minuscule clique de 125 personnes qui, seules, siégeront à l'Assemblée nationale. Cette aristocratie est «élective» plutôt qu'héréditaire, mais elle reste tout de même aristocratique, selon Rousseau. Si cette aristocratie élue se contentait d'exécuter les lois produites lors de délibérations par le peuple assemblé, ce dernier pourrait encore être considéré comme souverain, donc libre. Mais quand l'aristocratie seule exécute des lois qu'elle a elle-même produites, alors le peuple est esclave. Qu'il choisisse ses maîtres n'y change rien.
Le Directeur général des élections du Québec (DGE) bataille fort pour fouetter l'ardeur des électeurs potentiels. Il a ainsi consacré sept millions de dollars à une campagne d'information auprès des électeurs pour le scrutin de mars dernier au Québec. Au-delà de cette dépense ponctuelle considérable, le DGE produit et propose un ensemble de documents de propagande pro-électorale à l'intention des élèves des écoles secondaires.
Il offre gratuitement, en collaboration avec le ministère de l'Éducation, du matériel pour organiser les élections des conseils d'élèves, soit des répliques à l'identique des urnes électorales, des isoloirs, un Guide de l'électeur et de l'électrice, des dépliants et des banderoles pour convaincre les jeunes que voter est l'acte citoyen le plus important dans lequel réside le pouvoir politique.
Le DGE, qui considère l'élection d'un conseil comme «une activité de formation», cherche à convaincre les jeunes que «l'électeur est l'acteur central du système électoral». Ce discours escamote néanmoins deux réalités banales, soit que c'est l'élu et non l'électeur qui détient vraiment le pouvoir et qu'il existe diverses conceptions plus participatives de la politique et de la démocratie. (Pour une analyse détaillée du discours du DGE, voir mon article: «Les élections de conseils d'élèves», Revue des sciences de l'éducation, volume 32, n° 3, 2006.)
Le DGE a même sommé la coalition abstentionniste «Nous, on vote pas!» de fermer son site Internet (www.nousonvotepas.org). Cette coalition avait été formée à l'hiver 2007 par des organisations anarchistes basées au Québec, soit la Fédération des communistes libertaires du nord-est (NEFAC) et le Réseau anarchiste en milieu étudiant (RAME).
Les anarchistes, qui aspirent à une égalité véritable et fonctionnent en principe sans chef(s) dans leurs propres organisations, partagent une vision très critique des élections, qui impliquent nécessairement des dominants (les élus) et des dominés (les autres).
Le site Internet de la coalition proposait divers documents abstentionnistes, dont des textes classiques et contemporains d'anarchistes critiquant les élections, ainsi qu'un journal intitulé L'Urne, en première page duquel on pouvait lire ce slogan provocateur: «Nous étions dans la rue, le pouvoir tremblait... nous allons voter, le pouvoir est rassuré!»
Or le site contrevenait aux dispositions de la Loi électorale, qui stipule qu'un «électeur ou un groupe d'électeurs doit impérativement obtenir une autorisation» du DGE pour «prôner l'abstention ou l'annulation du vote»! Forcer des anarchistes à s'enregistrer auprès du DGE, voilà un paradoxe politico-bureaucratique qu'aurait apprécié le romancier Franz Kafka...
Quant à Rousseau, il aurait sans doute qualifié l'attitude du DGE de censure illégitime. Rousseau expliquait en effet, toujours dans Du contrat social, que la censure peut être légitime si elle émane de l'opinion publique et correspond aux choix et aux moeurs du peuple. À l'inverse, il serait vain et illégitime qu'une autorité censure des choix ou des comportements qui relèvent de la volonté générale. La censure, dit Rousseau, «peut être utile pour conserver les moeurs, jamais pour les rétablir».
Or le DGE devrait admettre ce qui pour lui est sans doute inadmissible, soit que l'abstentionnisme relève de moeurs politiques communément partagées par 50 % des adultes en droit de voter. En bref, le contingent des abstentionnistes obtient le plus souvent la majorité simple lors des élections, battant en nombre les électeurs du parti élu, qui prétend ensuite représenter l'ensemble de la nation.
Démocratie: liberté et égalité
S'il rejette les élections, Rousseau explique à plusieurs occasions dans son oeuvre que la liberté politique n'existe que lorsque le peuple s'assemble pour délibérer et produire les lois qui le gouvernent. Mais peut-on aujourd'hui vivre en démocratie (directe)?, ripostent les personnes qui espèrent se convaincre, par cette dérobade, que la liberté et l'égalité restent possibles sous le règne d'une aristocratie élue.
Rousseau connaissait bien ce type de réaction: «Le peuple assemblé, dira-t-on! Quelle chimère! C'est une chimère aujourd'hui, mais ce n'en était pas une il y a deux mille ans (à Athènes, par exemple). Les hommes ont-ils changé de nature?» En tout cas, plusieurs d'entre eux ont assurément réduit leurs normes de liberté, et même d'égalité, se croyant libres et égaux alors qu'ils se nomment eux-mêmes des maîtres.
La critique de l'élection de Rousseau est liée à deux idées maîtresses. D'abord, la liberté politique n'est possible que dans de petites entités politiques. Ensuite, elle va de pair avec une certaine égalité économique, laquelle évite «que nul citoyen ne soit [...] assez pauvre pour être contraint de se vendre».
La démocratie sous sa forme directe
C'est ici, particulièrement, que Rousseau annonce les propos des anarchistes abstentionnistes d'aujourd'hui, qui favorisent à la fois l'autogestion et la lutte anticapitaliste. C'est seulement si cette condition d'égalité économique est remplie que «le plus grand bien de tous» devient possible à réaliser, soit une liberté et une égalité véritables. Celles-ci sont inconcevables dans un régime électoral qui produit par définition une inégalité entre des gouvernants et des gouvernés.
Aux yeux de Rousseau -- et les anarchistes d'aujourd'hui ne disent pas autre chose --, il n'y a de démocratie que sous sa forme directe, laquelle d'ailleurs encourage la participation citoyenne bien plus que le processus électoral puisque c'est au fil des délibérations du peuple que la véritable éducation politique se forge.
Contre Rousseau et les anarchistes d'aujourd'hui se mobilisent bien des acteurs sociaux, dont des figures publiques. L'animateur Bernard Derome, par exemple, déclarait sur les ondes de Radio-Canada, le soir des élections fédérales de 2004, que le taux d'abstention «n'est pas très édifiant». Jacques Moisan, l'animateur du débat des chefs de parti lors des élections provinciales de mars 2007, concluait le spectacle en affirmant d'un ton solennel que voter n'est pas seulement «un droit», c'est surtout une «responsabilité».
Plus philosophique, le DGE propose des slogans envoûtants lors des campagnes électorales, comme «Je pense, je vote!» ou «Je m'exprime, je vote!» Voilà qui présente l'abstentionnisme comme relevant de la non-pensée, de la non-expression, du non-être. Relisant Rousseau, un abstentionniste aujourd'hui pourrait toutefois retourner le compliment: «Je pense et je m'exprime, donc je m'abstiens!»
Cette idée ferait écho à Oswald, pour qui «déléguer à autrui le soin de penser pour nous nous fait insensiblement désapprendre à penser tout à fait». Et à Rousseau, bien sûr, selon qui les électeurs incarnent le non-être: «À l'instant qu'un peuple se donne des représentants, il n'est plus libre; il n'est plus.»
Cause commune no 15
![]() |
Un pdf à basse résolution --format tabloïd-- est disponible.
Au sommaire du no 15 (format HTML)
- Perspectives libertaires - Deux poids, Deux mesures
- Lettre ouverte aux soldats et soldates de Valcartier
- L’impérialisme...
- La filière canadienne...
- L’anarchie de A à Z - « N » comme Nationalisme
- Montréal : urgence maisons de chambres
- Sous la plage, la prison... Répression au Mexique
- Livres : la non-violence à la rescousse de l’État
- Sur les lignes... Chronique syndicale
Si c'est pas maitenant, quand?
Jean-Marc Salvet (éditorialiste du Soleil) nous dit que le lieu et l'heure choisie pour manifester notre opposition à la guerre pose problème. Je suis désolé mais il n'y aura probablement jamais de meilleur lieu et de meilleure heure ! En marge du départ du contingent de Val-Cartier, l'Armée canadienne se paie une gigantesque campagne de promotion à nos frais, dans notre ville. Je suis extrêmement reconnaissant à la Coalition Guerre à la guerre d'avoir organisé une contre-manifestation. Ils ont permis une polarisation de notre société consensuelle et ont évité l'enracinement d'un mouvement unilatéral de "soutien à nos troupes". Sans cette contre-manifestation, nous aurions été soumis à un désespérant barrage de propagande militariste. Grâce à eux, il n'y a pas d'unanimité et l'opposition peut s'exprimer jusque dans les grands médias. Ça me semble éminemment sain. D'autre part, M. Salvet, comme nombre de "soutien aux troupes", nous dit que les soldats sont la mauvaise cible et que les opposants auraient dû s'en prendre aux dirigeants politiques. Encore là, je suis en désaccord. D'une part, il faut avoir la tête dans le sable pour prétendre que les opposants ne ciblent pas également les politiques. D'autre part, les soldats me semblent une cible tout à fait légitime. S'il est vrai qu'ils ne choisissent pas les missions de l'Armée canadienne, ils ont quand même choisi de s'enrôler ! À ce que je sache, il n'y a pas de conscription et les gens qui portent l'uniforme ont choisi en toute connaissance de cause le métier de militaire. Par ailleurs, y a-t-il meilleur symbole du militarisme et de la guerre que les soldats? Finalement, en ce qui concerne la date du retrait des troupes. Je n'ai qu'une question : si ce n'est pas maintenant, quand?
Défions leur défilé : manifestation à Québec le 22 juin
Les coalitions "Guerre à la guerre" et "Québec pour la paix" invitent la population à marcher contre l'occupation militaire canadienne en Afghanistan le 22 juin dans les rues de Québec. Les membres de l'union régionale de la NEFAC au Québec appuient cette action et seront du nombre des manifestantEs.
Pourquoi manifester?
Plus de 2500 soldats et soldates de Valcartier partiront bientôt pour continuer la mission canadienne en Afghanistan. Cette mission n'en est pas une de paix. Elle perpétue le projet impérialiste des États-Unis, qui consiste à libéraliser par la force le Moyen-Orient afin de faciliter le commerce et le transport du pétrole vers les pays riches. Le 22 juin, lorsque les soldats et soldates du 22e régiment défileront dans les rues de la ville de Québec, joignez votre voix à celles de centaines d'autres personnes venues dénoncer cette masquarade et s'opposer à l'occupation militaire.
Les membres et sympathisant-e-s de la NEFAC formeront un contingent rouge et noir pour l'occasion. Nous distribuerons notamment le dernier numéro de Cause commune, lequel contient un dossier spécial sur l'impérialisme et l'intervention canadienne en Afghanistan. Venez marcher avec nous!
Quand ? Vendredi le 22 juin à 18h30.
Où ? Devant le Musée national des beaux-arts du Québec, situé à proximité du Parc des champs de bataille (Plaines d'Abraham).
Pourquoi manifester?
Plus de 2500 soldats et soldates de Valcartier partiront bientôt pour continuer la mission canadienne en Afghanistan. Cette mission n'en est pas une de paix. Elle perpétue le projet impérialiste des États-Unis, qui consiste à libéraliser par la force le Moyen-Orient afin de faciliter le commerce et le transport du pétrole vers les pays riches. Le 22 juin, lorsque les soldats et soldates du 22e régiment défileront dans les rues de la ville de Québec, joignez votre voix à celles de centaines d'autres personnes venues dénoncer cette masquarade et s'opposer à l'occupation militaire.
Les membres et sympathisant-e-s de la NEFAC formeront un contingent rouge et noir pour l'occasion. Nous distribuerons notamment le dernier numéro de Cause commune, lequel contient un dossier spécial sur l'impérialisme et l'intervention canadienne en Afghanistan. Venez marcher avec nous!
Quand ? Vendredi le 22 juin à 18h30.
Où ? Devant le Musée national des beaux-arts du Québec, situé à proximité du Parc des champs de bataille (Plaines d'Abraham).
Une politique libertaire c'est...
0. Une politique libertaire est une politique de libération. Elle vise à abolir tout pouvoir séparé pour permettre l'émergence d'une société auto-instituée qui rompe définitivement avec toute forme d'exploitation, avec l'aliénation, le capital, la marchandise et le salariat.
1. Une politique libertaire est une politique qui vise un changement radical des conditions sociales régnantes, changement qui ne peut advenir que 'par en bas', porté par une majorité d'hommes et de femmes.
2. En conséquence, toute politique libertaire vise à devenir une politique de masse. Elle s'adresse au plus grand nombre et n'est jamais une politique de ghetto. Elle cherche à parler aux gens et à se faire entendre d'eux.
3. Une politique libertaire cherche partout et en permanence à favoriser l'auto-organisation et l'autonomie des gens. Les libertaires se battent pour l'auto-gestion des luttes, condition de l'autogestion de la société future de la société. Cette autonomie, cette prise en charge par les gens de leurs luttes implique une critique en actes des réflexes acquis de délégation (délégation aux spécialistes, aux politicienNEs, aux partis, à la politique institutionnelle en général, mais aussi aux militantEs libertaires que nous sommes).
4. En ce sens, une politique libertaire est une politique qui cherche systématiquement à rendre les gens acteurs/trices de leurs luttes comme de leur existence, à leur permettre d'acquérir des moyens en ce sens ('empowerment') qu'il s'agisse d'expériences, de savoir-faire, de connaissances, d'outils d'analyse, de structures ou de culture.
5. Une politique libertaire ainsi comprise ne se contente pas de faire la propagande d'une utopie (pour le moment malheureusement difficile à saisir), mais implique une stratégie, un pont jeté (même si ce n'est que comme hypothèse) entre les pratiques et les mouvements actuels et cette subversion radicale de l'ordre ancien qui reste plus que jamais à l'ordre du jour.
6. Une telle politique exige que les anarchistes sortent de leurs ghettos et de leurs tours d'ivoire pour s'exprimer et agir sur les enjeux de société actuels, à partir des problèmes quotidiens des gens. A ce titre, une politique libertaire est une politique d'enracinement, une politique dans la durée…
7. … et aussi une politique d'alliance et de convergences larges! Sans jamais ni nous renier, ni nous taire sur ce que nous sommes et ce que voulons, il nous faut être prêtEs à jouer sur le terrain, à la base, toute l'unité d'action, toutes les convergences possibles. Quand les gens se mettent en mouvement, tout devient possible, notamment des situations où les directions (responsables syndicaux, comités) se font dépasser par la base, les politicienNEs conspuer et où ceux et celles qui profitent du contrôle social se retrouvent à poil!
8. La cohérence d'une politique libertaire se mesure à sa capacité à être en phase avec la société, à transformer celle-ci, à peser. En un mot à sa capacité, même modeste, à se traduire en pratiques sociales, en résistances, en mouvements.
* * *
J'adore ce texte, même s'il vient de loin. Il s'agit des Bases politiques de la Coordination libertaire FAUCH-OSL/BE (Suisse).
1. Une politique libertaire est une politique qui vise un changement radical des conditions sociales régnantes, changement qui ne peut advenir que 'par en bas', porté par une majorité d'hommes et de femmes.
2. En conséquence, toute politique libertaire vise à devenir une politique de masse. Elle s'adresse au plus grand nombre et n'est jamais une politique de ghetto. Elle cherche à parler aux gens et à se faire entendre d'eux.
3. Une politique libertaire cherche partout et en permanence à favoriser l'auto-organisation et l'autonomie des gens. Les libertaires se battent pour l'auto-gestion des luttes, condition de l'autogestion de la société future de la société. Cette autonomie, cette prise en charge par les gens de leurs luttes implique une critique en actes des réflexes acquis de délégation (délégation aux spécialistes, aux politicienNEs, aux partis, à la politique institutionnelle en général, mais aussi aux militantEs libertaires que nous sommes).
4. En ce sens, une politique libertaire est une politique qui cherche systématiquement à rendre les gens acteurs/trices de leurs luttes comme de leur existence, à leur permettre d'acquérir des moyens en ce sens ('empowerment') qu'il s'agisse d'expériences, de savoir-faire, de connaissances, d'outils d'analyse, de structures ou de culture.
5. Une politique libertaire ainsi comprise ne se contente pas de faire la propagande d'une utopie (pour le moment malheureusement difficile à saisir), mais implique une stratégie, un pont jeté (même si ce n'est que comme hypothèse) entre les pratiques et les mouvements actuels et cette subversion radicale de l'ordre ancien qui reste plus que jamais à l'ordre du jour.
6. Une telle politique exige que les anarchistes sortent de leurs ghettos et de leurs tours d'ivoire pour s'exprimer et agir sur les enjeux de société actuels, à partir des problèmes quotidiens des gens. A ce titre, une politique libertaire est une politique d'enracinement, une politique dans la durée…
7. … et aussi une politique d'alliance et de convergences larges! Sans jamais ni nous renier, ni nous taire sur ce que nous sommes et ce que voulons, il nous faut être prêtEs à jouer sur le terrain, à la base, toute l'unité d'action, toutes les convergences possibles. Quand les gens se mettent en mouvement, tout devient possible, notamment des situations où les directions (responsables syndicaux, comités) se font dépasser par la base, les politicienNEs conspuer et où ceux et celles qui profitent du contrôle social se retrouvent à poil!
8. La cohérence d'une politique libertaire se mesure à sa capacité à être en phase avec la société, à transformer celle-ci, à peser. En un mot à sa capacité, même modeste, à se traduire en pratiques sociales, en résistances, en mouvements.
* * *
J'adore ce texte, même s'il vient de loin. Il s'agit des Bases politiques de la Coordination libertaire FAUCH-OSL/BE (Suisse).
Quand on a de l'argent, on peut faire ce qu'on veut...
Un promoteur immobilier de Saint-Augustin va devoir verser, à titre compensatoire, 40 000$ à la Ville parce qu'il a "abattu ou endommagé 209 arbres sur la propriété qu’il est en train de construire au bord du fleuve". Le président de la Fédération québécoise pour la protection du patrimoine naturel est furieux. Dans Le Soleil il dit "pour 400 $ l’arbre, on peut donc s’offrir une vue sur la plaine, le fleuve et la Rive-Sud, à Saint-Augustin" (Lire l'article). Le maire, de son côté, est sûr que c'est le mieux qu'il pouvait aller chercher... C'est ça le problème avec le capitalisme : quand tu as de l'argent, le promoteur est millionnaire, tu peux faire ce que tu veux.
À signaler : Politique - Chomsky ou l'anarchisme contre la haine
Lu dans Le Devoir :
Politique - Chomsky ou l'anarchisme contre la haine
Par Michel Lapierre
Édition du samedi 02 et du dimanche 03 juin 2007
«Dans les années 1940, lorsque j'étais un des dirigeants des jeunesses sionistes, je m'opposais à la création d'un État juif.» Cette confession aussi paradoxale que surprenante est de Noam Chomsky. Il précise qu'à l'époque, le milieu sioniste admettait que des juifs, comme lui, pouvaient rêver de la formation en Palestine d'«une communauté binationale socialiste», fondée sur le dialogue judéo-arabe.
Comme Chomsky le signale, même «les colombes israéliennes», dans leur quasi-totalité, ne toléreront plus, parmi les sionistes, cette tendance minoritaire. Des réflexions semblables, reliées à la vie personnelle, font que La Poudrière du Moyen-Orient, recueil d'entretiens entre Gilbert Achcar, journaliste d'origine libanaise, et Noam Chomsky, essayiste américain, échappe aux lieux communs et à l'aridité qui déparent si souvent les ouvrages de ce genre.
Encore mieux qu'Achcar, Chomsky aborde la question palestinienne en allant au fond des choses avec une vigueur renouvelée. «Les États-Unis et Israël sont, dit-il, en passe de consommer leur projet de meurtre d'une nation, événement sinistre et rare dans l'histoire.»
Il montre que les attitudes américaine et israélienne s'assimilent toutes les deux au terrorisme d'État. Par exemple, il souligne qu'en décembre 1987, seuls les Américains et les Israéliens se sont opposés à une résolution des Nations unies qui condamnait le terrorisme. Pourtant, Washington et Tel-Aviv ont toujours ce mot à la bouche pour désigner les réactions les plus violentes qui proviennent du monde musulman.
Le linguiste éminent, devenu, depuis des lustres, un analyste politique au labeur incessant, se soucie d'expliquer que ce sont les États-Unis et Israël qui emploient indirectement le vocabulaire de la tradition juridique internationale pour définir, malgré eux, leur action concertée. Dans la résolution de l'ONU contre le terrorisme, Chomsky a découvert que les termes selon lesquels rien ne saurait porter préjudice au droit à l'autodétermination des peuples «sous occupation étrangère» rendaient le texte inacceptable pour les deux pays alliés.
C'est dire que les Américains et les Israéliens admettaient de manière tacite qu'ils s'opposent au droit qu'auraient les Palestiniens de s'affranchir du joug colonial que l'État juif fait peser sur eux depuis sa création en 1948. Chomsky serait-il en faveur de la substitution d'un État palestinien à Israël pour régler le problème? Une solution aussi extrême et périlleuse ne correspond pas à sa pensée.
«Aucun État n'a le droit à l'existence», tranche Chomsky. Cette assertion étonnante se comprend seulement à la lumière d'un anarchisme philosophique fondé sur le rejet non violent de toute contrainte politique. Mais, en dialoguant avec Achcar, Chomsky, si utopiste soit-il, ne se perd pas dans les rêveries. Il trouve des formules percutantes et colorées qui parlent à l'imagination et au coeur.
En voici une: «Si le Moyen-Orient ne disposait pas des principales ressources énergétiques du monde, les décideurs ne s'en soucieraient guère plus aujourd'hui qu'ils ne se soucient de l'Antarctique.» Chomsky insiste: «Le pétrole est depuis toujours le moteur» de la stratégie américaine dans la région.
Très terre à terre, cette stratégie s'associe à une politique qui, quant à elle, relève de l'idéologie en s'appuyant sur l'alliance indéfectible avec Israël. Pour expliquer le lien entre les deux pays, Chomsky propose une interprétation originale. Selon lui, beaucoup d'intellectuels américains de droite, juifs et non-juifs, soutiennent la cause israélienne pour venger secrètement la défaite que les États-Unis ont subie au Vietnam. À leurs yeux, Israël, en écrasant les Palestiniens, «montre, explique Chomsky, comment il faut traiter les parvenus du tiers-monde».
Pour l'essayiste, cette lente humiliation des faibles est une insulte aux victimes de l'Holocauste, dont on exploite la mémoire pour justifier l'action de l'État juif. Comment s'élever contre la spirale de la haine qui, dans la stratégie américano-israélienne au Moyen-Orient, mêle le sang au pétrole? En répondant à la violence par la violence? Absolument pas.
Contre la spirale de la haine
Dans le «Cahier de l'Herne» qui lui est consacré et auquel ont collaboré une trentaine de personnes, notamment Pierre Vidal-Naquet, Susan George et le Québécois Normand Baillargeon, Chomsky, en s'entretenant avec Jean Bricmont, fait de l'anarchisme la seule pensée susceptible de briser la spirale de la haine. L'anarchisme «cherche, explique-t-il, à identifier les structures d'autorité et de domination, à leur demander de se justifier, et, dès qu'elles en sont incapables (ce qui arrive fréquemment), à tenter de les dépasser».
Quoi de plus utopique que le dépassement des bombes par la simple pensée analytique? On ne peut répondre à cette question que par une autre, tout aussi inévitable: quoi de plus vain et de plus atroce que la spirale de la haine?
Collaborateur du Devoir
***
LA POUDRIÈRE DU MOYEN-ORIENT
Gilbert Achcar
et Noam Chomsky
Écosociété
Montréal, 2007, 376 pages
CHOMSKY
Sous la direction de Jean
Bricmont et Julie Franck
Éditions de l'Herne
Paris, 2007, 360 pages
Jeunes salariés : c'est le temps de revendiquer !
Si on en croit les journaux (ici par exemple) les patrons ont de plus en plus de difficultés à trouver des jeunes pour les jobs d'été. Québec ferait fasse à une véritable pénurie de main d'oeuvre étudiante. Par exemple, il y aurait 1200 postes à combler dans la restauration. Bref, il y a de moins en moins de candidatEs aux jobines... Parfait ! Ça veut dire que c'est le temps de revendiquer ! Avec les années, les jeunes salariés se sont beaucoup appauvris. 45% de tous les jeunes qui ne sont plus aux études et qui travaillent à plein temps vivent en bas du seuil de pauvreté. Selon l'économiste Andrew Jackson, du CTC, le salaire réel des jeunes salariés a chuté pour atteindre à peine 75% à 80% du salaire réel que gagnaient les jeunes de la génération précédente et ce, malgré une scolarité bien supérieure. Être jeune n'est pas une maladie condamnant à la pauvreté. Jeunes salariéEs, vous n'avez pas souvent le gros bout du bâton... profitez-en pour exiger plus et mieux !
C'est Alain Dubuc qui le dit !
"Ce qui définit l'ADQ, ce n'est pas le conservatisme fiscal, ni la logique économique, mais bien davantage le populisme, avec ses accents moralistes et son désir de plaire"
- Alain Dubuc, Mais où était donc Mario?
Inscription à :
Articles (Atom)
