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Source: Le PIRE

Ne pas voter

Lu dans le Devoir:

Quel est le parti pris de ceux qui ne votent pas ou qui annulent leur vote?

D'un scrutin à l'autre, entre 20 et 30 % des électeurs inscrits sur la liste électorale au Québec ne votent pas. Et 1,25 % de ceux qui ont voté aux élections en 2003 ont vu leur bulletin de vote rejeté pour cause de non-conformité avec les règles du système électoral.

Lors de certaines élections récentes, les bulletins rejetés comptaient pour près de 2 % des voix exprimées. Dans ces cas, les bulletins de vote ont été annulés par les électeurs, volontairement ou non, d'une façon ou d'une autre: croix multiples, messages de protestation, bulletins blancs, etc. Aux dernières élections, ce parti très informel de ceux qui annulent leur vote a ainsi obtenu plus de voix dans les urnes que l'Union des forces progressistes, le Parti vert et tous les tiers partis!

Le syndicaliste Michel Chartrand, présenté depuis des décennies comme un homme au sens moral et civique exceptionnel, a souvent suggéré d'annuler son vote. «Puisque tous les candidats veulent notre bien, raille-t-il, il convient par gentillesse de donner une chance à chacun en traçant une belle croix à côté du nom de chacun!» Pour cet homme qui vient de célébrer son 90e anniversaire, annuler son vote a toujours été une façon directe de protester contre le système et la structure politique en place. Le chansonnier Richard Desjardins critique lui aussi, à ses heures, l'institution électorale, soulignant à l'occasion que puisque la population a maintenant le droit de voter, il ne lui reste plus qu'à obtenir le droit de choisir.

Dans le système actuel, les votes annulés ne sont pas comptabilisés formellement mais se retrouvent dans la rubrique vague des «bulletins rejetés». Annuler son vote -- ou même ne pas voter, tout simplement -- constitue pourtant une option politique, même si notre système politique tend à en minimiser la légitimité. «Au Québec, le Directeur général des élections fournit de l'équipement aux écoles pour apprendre aux jeunes à voter, en collaboration avec le ministère de l'Éducation», explique Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l'UQAM. «Tout notre système politique repose sur l'enseignement de ce comportement qui considère comme un bon citoyen celui qui vote.»

Le fait de ne pas voter ou d'annuler son vote constitue-t-il une manifestation évidente de décrochage social? Pas forcément, croit l'universitaire: «Ce n'est pas certain. Le vote, tel qu'il est exercé, c'est d'abord la manifestation d'une conception aristocratique de la société: le pouvoir est accaparé par une élite, contrairement à ce que laisse entendre l'idée selon laquelle le peuple est souverain par l'entremise de ses représentants.»

Est-ce donc une faute pour un citoyen de ne pas aller voter ou d'annuler son vote? Pour Vincent Lemieux, spécialiste des phénomènes électoraux et professeur émérite à l'Université Laval, le désengagement envers le monde politique traditionnel est un phénomène relativement récent qui touche l'ensemble des démocraties dites occidentales. «Sauf dans deux ou trois pays, c'est partout qu'on constate désormais des taux de participation à la baisse, surtout chez les jeunes. Si l'abstention de jeunes de 18 à 24 ans persiste, cela pourrait avoir de lourdes conséquences sur le système.»

À l'heure où la publicité de masse est le principal moyen qu'utilisent les partis politiques pour rejoindre la population, les gens se sentent plus éloignés que jamais des enjeux électoraux, croit Vincent Lemieux. «Certaines études ont montré qu'un contact direct avec les candidats encourage la participation. Mais l'éloignement du monde politique par rapport à la base populaire n'est certainement pas le seul facteur qui explique la dépolitisation», s'empresse-t-il d'ajouter.

Une obligation?

D'où vient l'idée qu'il faille absolument voter? Dans l'histoire des idées politiques, la recherche d'un monde meilleur ne s'est pas toujours conjuguée avec la participation à un scrutin. Loin de là.

Jean-Jacques Rousseau lui-même, dans Le Contrat social, affirme que la volonté populaire ne se délègue pas par le vote. «La souveraineté ne peut être représentée», dit-il. Rousseau raille tout particulièrement les illusions qu'entretient à cet égard le parlementarisme britannique, dont le régime canadien est bien sûr issu. Dans Le Contrat social toujours, il écrit en effet ceci: «Le peuple anglais pense être libre; il se trompe fort, il ne l'est que durant l'élection des membres du parlement; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l'usage qu'il en fait mérite bien qu'il la perde.»

Dans un autre texte célèbre, le philosophe français Jean-Paul Sartre soutient quant à lui que les élections ne sont en fait qu'«un piège à cons». Après s'être livré à une longue analyse historique du système français, Sartre en arrive à dire, dans ce texte des années 60, que les bulletins de vote, après l'addition des suffrages, ne font pas apparaître l'intérêt commun du plus grand nombre mais bien le seul intérêt de quelques-uns, tout en forçant la plupart du temps les individus à trahir leurs intérêts collectifs. D'où son sentiment que le refus de voter, sous une forme ou une autre, puisse être parfaitement légitime, voire tout à fait raisonnable.

Dans plusieurs des mouvements de contestation qui animent et secouent toute l'histoire de la pensée politique, on croit, dans le même esprit, que le jeu électoral est tordu à sa base même et qu'il ne sert, en définitive, qu'à reconduire pour un autre mandat des entités déjà en place et quasi immuables.

Au Québec, pour les élections de lundi, le collectif libertaire «Nous on vote pas!» propose l'abstention selon une logique de simple opposition au pouvoir de l'État. Ce groupe disait hier, par voix de communiqué, vouloir «défendre la légitimité de l'abstention comme choix politique viable». Sur son site Internet, il explique que «l'État est la forme que prend une classe pour asseoir sa domination et la faire accepter au nom de "l'intérêt général". L'État perpétue ainsi la société divisée en classes sociales antagoniques: ceux qui possèdent et ceux qui doivent travailler pour subvenir à leurs besoins».

Anaïs, une jeune préposée aux bénéficiaires toute frêle, et son ami Olivier, stagiaire en coopération internationale, ont installé devant leur demeure, tout en haut d'un petit commerce du quartier Hochelaga-Maisonneuve, une banderole qui incite les passants à ne pas voter. «On n'est pas des anarchistes, explique Olivier. Moi, je milite plutôt pour l'environnement.» Quant à elle, Anaïs s'intéresse surtout au sort fait aux malades en psychiatrie. Pour eux, pas question de voter: la société doit changer par d'autres moyens que les élections, qu'ils considèrent au mieux comme un «simple cirque».

Les militants abstentionnistes sont fiers d'eux et de leurs idées. Dans sa forme actuelle, la politique les déprime et les inquiète tout à la fois. Dans le spectacle de cirque électoral auquel ils participent au fond malgré eux, il est fort possible que leur numéro connaisse peu de succès lors de ces élections. La participation au scrutin de lundi risque en effet d'être plus forte que d'ordinaire, soutient le professeur Vincent Lemieux, puisque les experts «ont remarqué, au fil du temps, que lorsque les enjeux sont plus précis ou que la lutte est serrée, le taux de participation a tendance à augmenter». Et, bien sûr, dans toute cette agitation, les abstentionnistes ne font pas beaucoup de bruit alors que la machine électorale, elle, hurle ses espoirs ou ses désespoirs partout.

Vidéo abstentioniste!



Source: Coalition nous on vote pas

Le ridicule ne tue pas

Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a envoyé une mise-en-demeure à la Coalition nous on vote pas. Ça a l'air qu'il faut être un parti politique dûement enregistré pour prôner l'abstention... Voici leur réponse:

Ils veulent un accusé de réception ? Le voilà!

L’État brandi le bâton

Suite à notre campagne d’information concernant l’abstentionnisme, en place dans différentes villes au Québec, le Directeur Général des Élections a envoyé une mise en demeure à notre coalition mais nous ne cèderons pas à la menace.

Il est vain de tenter de nous forcer à nous conformer à la loi électorale alors que nous rejetons l’électoralisme, le parlementarisme et de manière plus large, l’État. Il est tout à fait stupide de croire que nous allons demander la permission pour faire une campagne d’information à une institution que nous dénonçons, ou à quiconque. Nous sommes prêts et prêtes à faire face aux conséquences de nos actes s’ils sont considérés comme répréhensibles par la classe dominante.

Celle-ci peut bien s’affubler d’être à la tête d’une « démocratie », la menace de répression et de censOn leur signera pas de chèque en blanc...

Nous on vote pas!

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On leur signera pas de chèque en blanc...
Nous on vote pas!

www.nousonvotepas.org

Quand on est né pour un petit pain...

Est-ce que par hasard on nous prendrais pour des imbéciles? La mairesse de Québec, Andrée Boucher, nous informe que, selon elle, le projet de tramway pour Québec n'est qu'un rêve et qu'en conséquence son administration n'endosse même pas l'idée de demander au gouvernement du Québec de défrayer les 8 millions $ que devrait coûter l'étude d'avant-projet.

Quelques jours plus tard, Christian Savard, le directeur d’Accès transports viables, nous apprenait que ce ne serait pas à la Ville de Québec de payer la facture d'implantation d'un tramway. Selon lui, le Programme d’aide gouvernementale au transport collectif des personnes prévoit un taux de financement assumé par le ministère des Transports de 100 % pour les modes « lourds » : tramway, métro ou train de banlieue (contre 50 % pour les autobus et 75 % pour les voies réservées, garages, etc.). Dans la région de Montréal, on hésite pas deux secondes à proposer des projets de métro, de train de banlieue et, oui, de tramway.

Si, comme le disait la mairesse au retour des vieux pays, « un tramway [c'est] extraordinaire » et que c'est le gouvernement du Québec qui paie, voulez-vous bien me dire il est où le problème? La vie ne va pas s'arrêter après le 400ème, ça va prendre des projets structurants pour développer Québec. Peut-on réellement laisser passer un projet de l'ampleur du tramway? Il paraît que ça coûte trop cher... Heille! Le coût du tramway à Québec c'est trois stations de métro à Laval. Si c'est bon pour la métropole, ça doit être bon pour la capitale, non? Pour défendre une ville comme Québec, ça prend un peu d'audace et d'ambition, ce qui manque cruellement à notre mairesse. Quand on est né pour un petit pain...

Scandale dans la gauche libertaire !

Ce soir, les camarades de l’émission féministe libertaire « Ainsi squattent-elles » organisent un show du 8 mars à l’AgitéE. Jusqu’ici tout va bien. Le « problème » c’est qu’elles ont voulu un party non-mixte. Ayayaye !

« On peut pas faire ça » a tranché le comité qui s’occupe des spectacles à l’AgitéE, « ce serait de la discrimination ! » Un peu surprises de la réaction de leurs camarades coopérants (!) –elles s’impliquent pas mal toutes activement à l’AgitéE—les anarcha-féministes ont proposées un compromis : pas de non-mixité stricte mais une invitation aux hommes de « s’abstenir ». Ceux qui y tiennent pourront entrer, moyenant un « cover charge » de 10$. Une sorte de « ladies night » à l’envers.

Ça aurait pu (du !) en rester là. Mais non ! Les commérages vont bon train. Le scandale est allé en s’amplifiant. Plusieurs militants ne l’ont pas pris. Un tel fait une scène à sa blonde. Un autre refuse tout net de diffuser l’annonce sur une liste électronique. Un autre engueule une organisatrice. Un autre dénonce un « événement sexiste ». Le plus triste c’est qu’ils sont tous politisés, progressistes et se disent, en plus, « anti-sexistes ».

Sont-ils choqués de voir leur accès aux copines, à la bière et à leur bar préféré leur être refusé ne serait-ce qu’un soir ? « Qu’est-ce qu’on va faire si on peut pas aller se saouler la gueule à l’AgitéE un jeudi soir » ? Houuuuu, l’angoisse ! « Les filles vont avoir du fun sans nous, c’est pas juste » ! Il paraît qu’ils sont même plusieurs à se promettre d’y aller. C’est quoi le but ? Être bien certain de leur casser le party et de ruiner la soirée de tout le monde ? Pourquoi ne pas organiser une manif tant qu’à y être !

Eh ! Oh ! Youhou ! C’est le 8 mars ! Réveillez-vous ! Pourriez pas prendre votre trou au moins une fois par année ? Pauvres mecs...


Défense de la non-mixité

Je suis de ceux qui pensent que le patriarcat affecte aussi les hommes. Je n’irais pas jusqu’à dire que les hommes aussi sont opprimés par le patriarcat (ce serait miniser l’oppression vécue spécifiquement par les femmes et les queers) mais ils sont très certainement aliénés. Il y a, c’est évident, des hommes et des femmes biologiques. Mais à cette dimension biologique se rajoute une dimension sociale et culturelle, la construction de genres stéréotypés, qui nient le caractère unique de chaque individu. Dans une perspective anarchiste, la socialisation en genres est la première aliénation qui rend possible toutes les autres. Il n’y aura pas d’émancipation complète sans destruction de la construction sociale que sont les genres et son remplacement par une socialisation produisant des individus uniques, autonomes, libres et égaux.

À mon humble avis, les hommes ont donc un intérêt réel dans la destruction du patriarcat et une place dans la lutte. Il peut et il doit y avoir une lutte mixte contre le patriarcat. Ceci dit, cela n’implique pas que la non-mixité est à bannir et n’a plus lieu d’être. Loin de là.

Qu’on le veuille ou non, il y a des choses qui ne se disent qu’en non-mixité. Il est utile de se regrouper en l’absence de l’autre sexe pour parler d’expériences spécifiques, se donner confiance et développer des stratégies de lutte. On aura beau dire, « c’est pas pareil » quand l’autre sexe n’est pas là. C’est plus facile de confronter certains comportements (notamment en vérifiant qu’on est pas fou ou folle et qu’il y a bien quelque chose qui ne tourne pas rond) et de « travailler sur soi ». C’est vrai pour les femmes mais ça l’est aussi pour les hommes (soit dit en passant).

« Ouai, c’est ben beau tout ça, mais là on parle d’un party »... Il y a tout d’abord un aspect symbolique et politique intéressant à faire un party féministe non-mixte un 8 mars (est-ce que j’ai vraiment besoin de vous faire un dessin ?). La lutte oui, mais la fête aussi ! Tout mouvement social a besoin de moments ludiques.

Mais il y a plus. En contexte mixte, le cul n’est jamais ben loin. Je n’ai aucune idée si ça fait partie des préoccupations des organisatrices du party mais c’est clair pour moi que les gars (les hétéro en tout cas) regardent pas les filles comme ils regardent les autres gars. Pourquoi pensez-vous qu’il y a des gyms non-mixte ? Dans un bar, avec l’alcool et tout, c’est pire. Les militants n’échappent pas à ça, surtout quand ils ont un verre dans le nez. Quand ils regardent les filles, ils ne voient pas que des camarades... Pas tout le temps, mais souvent, avouons-le, ils voient aussi une personne de l’autre sexe (une baise potentielle !), que ce soit conscient ou non. Je ne suis pas puritain, le jeu de séduction (conscient ou non) peut être ben correct. C’est pas ça, c’est juste qu’un party « pas de gars » c’est pas pareil. Pis je pense que c’est correct de vouloir vivre ça de temps en temps.

* * *

De quoi je me mêle ? Je sais qu’en écrivant ces lignes je me place dans une position délicate (« tchèque le mâle qui vient prendre la défense de ses dames »... il y a peut-être un peu de ça, personne ne m’a rien demandé !). Je suis dans un collectif non-mixte (et c’est pas un choix ! je suis donc sans doute en train de critiquer la paille dans l’œil du voisin sans voir la poutre que j’ai dans la face). J’assume mes contradictions (et mon sermon !). C’est juste que la situation me fait chier. Depuis deux ou trois semaines, j’entend des affaires qui me font dresser les cheveux sur la tête. J’attendais que quelqu’un intervienne politiquement mais personne ne l’a fait. Me voici donc avec mes gros sabots.



Solidairement



Nicolas

Les abstentionnistes se coalisent

Une coalition de groupes libertaires vient de voir le jour pour mener une campagne abstentionniste. Des affiches (voir ci-contre) et des stickers ont été produits. Un petit journal verra bientôt le jour de même que des tracts. Tout cela peut se télécharger sur le site de la dite coalition: www.nousonvotepas.org.

Avis aux intéressés. Si vous voulez donner un coup de main à Québec, contactez la NEFAC-Québec (nefacquebec@yahoo.ca).

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Présentation

Nous on vote pas !


Les élections provinciales sont en cours au Québec. On nous parle de l’importance d’aller voter, que cela fait parti de l’exercice démocratique. Pendant ce temps, une coalition se met sur pied afin de dire : assez ! Y’en a marre de se faire prendre pour des idiots ! La coalition « NOUS ON VOTE PAS ! » a pour but de défendre les principes abstentionnistes révolutionnaires et une nouvelle vision de la société. Une société où on ne donnera pas de chèques en blanc à des escrocs qui mentent au fil de leurs promesses, mais où les exploitéEs se seront appropriés le pouvoir politique, sans dieux sans maîtres.

Vous retrouverez plus bas nos principes. Si vous êtes intéresséEs à rejoindre notre coalition, veuillez nous contacter par email : abstention2007@gmail.com La coalition fera paraître sous peu un pamphlet, un journal d’agitation, ainsi que deux affiches et des stickers. Toute personne qui est écoeurée du cirque électoral est fortement encouragée à faire de l’agitation dans son quartier, école, lieu de travail, etc. Le matériel sera accessible à tous et à toutes gratuitement.

Seule la lutte paie : désertons les urnes, occupons la rue !

Principes

1/ Nous nous opposons à l’État, au parlementarisme et à la démocratie bourgeoise, car ces institutions préservent le capitalisme. L’État est la forme que prend une classe pour asseoir sa domination et la faire accepter au nom de "l’intérêt général". L’État perpétue ainsi la société divisée en classes sociales antagoniques : ceux qui possèdent et ceux qui doivent travailler (pour subvenir à leurs besoins). La démocratie représentative que nous connaissons aujourd’hui ne représente en rien ceux et celles qui produisent les richesses mais qui n’y ont pas accès : la classe dominée.

2/ Le refus de la démocratie bourgeoise implique le rejet de l’électoralisme. Nous ne voulons pas déléguer notre pouvoir de décider à des spécialistes, élus ou auto proclamés. Ils prétendent tous " mieux " nous représenter, mais, une fois élus, ne serviront que leur propre intérêt, soit celui de la classe dominante. Ainsi, voter sert à légitimer un système qui nous exploite, nous impose le salariat, la hiérarchie et nous empêche de prendre notre vie en mains. L’électoralisme favorise la minorité au pouvoir. Les urnes ne mettront jamais fin à la société de classes.

3/ Nous refusons le cirque électoral, où les professionnel-les de la politique sont passés maîtres dans l’art de dire la même chose dans des mots différents. Leur discours est constitué de promesses électorales qui se transformeront en mensonges. Même si l’on constate que ce qu’ils disent est faux, les éluEs demeure en poste, disposant d’un chèque en blanc. La politique se résume en un spectacle où tous les bouffons sont invités dans un cirque nommée Assemblée Nationale. Nous savons qu’il ne s’agit que de mascarades qui laissent intactes l’essentiel de la domination et de l’exploitation dans cette société. Au nom de ce cirque, les politicien-ne-s nous confisquent la parole et notre pouvoir de décision.

4/ Les différents arguments qui portent sur la question nationale sont pour nous insignifiants. Le nationalisme est une invention de la classe dominante. Historiquement, le nationalisme n’a servi qu’à diviser notre classe, celle qui se fait exploiter et qui n’a aucune frontière. À chaque élection le nationalisme revient comme par enchantement, afin de nous berner. Aujourd’hui, nous savons que rouge ou bleu, ils nous saignent à blanc.

5/ Nous pensons qu’il est indispensable de se réapproprier le pouvoir politique. En ce sens, nous opposons à la démocratie représentative la démocratie directe. La démocratie directe est un processus de décision collectif qui se fonde sur une organisation horizontale plutôt que hiérarchique.

6/ Sans égalité économique, l’égalité politique est une mystification. Nous pensons que les travailleurs et travailleuses doivent prendre le contrôle de la production dans le but de transformer radicalement les structures sociales dans leur ensemble. À la démocratie directe, nous prônons également la gestion directe de la société par ceux et celles qui la perpétuent.

7/ En privilégiant la démocratie directe et des lieux de travail autogérés, nous souhaitons redéfinir la vie politique en affirmant qu’il est possible de s’organiser de manière radicalement différente. Contre l’État et le parlementarisme, nous répondons par le communisme libertaire.

8/ Nous ne somme pas apathiques et apolitiques. Nous croyons que la participation dans les mouvements sociaux est le meilleur moyen de changer les conditions dans lesquelles on vit. Ce ne sont pas les partis politiques qui ont améliorés les conditions de vie de la classe ouvrière, mais bel et bien les actions et pressions des mouvements sociaux. Ces mouvements ont même le potentiel de bâtir un contre pouvoir face à l’État et le capital. Un réel changement de la société passe par une implication dans des mouvements sociaux combatifs, démocratiques et autonomes, dans nos milieux de vie et nos communautés.

9/ Arrêtons de nous faire des illusions, voter n’est pas la solution. Restons dignes, abstenons-nous de voter : le pouvoir, c’est nous

Lire entre les lignes : la propagande électorale revisitée






Un participant au forum des Cowboys Fringants, El_Merdo, a revisité la propagande électorale. Ça donne un résultat assez intéressant à mon avis.

Légère contradiction...

En allant faire des emplettes aux Halles-Fleur-de-lys, j'ai pu admirer les affiches de Sylvain Légaré, le député adéquiste. J'ai été surpris de voir qu'il utilisait exactement le même slogan que dans toutes les autres circonscriptions : À Vanier, on passe à l'action. Ça marche bien ailleurs, mais il me semble que ça envoie un drôle de message dans un comté déjà adéquiste. Est-ce que l'ADQ serait en train de nous dire qu'il ne s'est rien passé depuis l'élection de M. Légaré???

Par ailleurs, je note qu'il a changé de look. Lors des partielles durant lesquelles il a été élu, il avait l'air d'un flic (crâne rasé et beigne). Depuis, il s'est laissé poussé un toupet et a rasé le beigne. Résultat, il n'a plus l'air d'un flic mais d'un conscrit de Val-Cartier...

À Québec, quand on cherche "la gauche", on trouve... les libertaires!

Plus tôt cette semaine j'ai répondu avec plaisir aux questions d'une journaliste du Devoir sur "la gauche à Québec". Ce matin, je lis le résultat dans le journal et je dois avouer que je suis un peu surpris. Parti à la recherche de "la gauche" de Québec, Isabelle Porter a trouvé... la gauche libertaire! En effet, sur 5 personnes citées dans l'article, on trouve 3 anarchistes (et là je ne parle même pas de Serge Roy, le candidat de QS, qui a un passé libertaire qu'à ma connaissance il ne renie pas). De plus, elle reprend essentiellement les grandes lignes de l'analyse portée par le collectif anarchiste La Nuit (NEFAC-Québec) depuis quelques temps.

Voici le texte en question :

Élections 2007 - Y a-t-il une gauche à Québec

Dans la capitale, la droite a réussi à être perçue comme le contestataire du système

Québec -- «Bonjour, je fais un reportage sur la gauche à Québec, pouvez-vous m'accorder une entrevue?» La réponse a plus d'une fois pris la forme d'un grand éclat de rire. Il faut dire qu'à l'heure de la montée de Mario Dumont et du mystère de Québec, la requête avait quelque chose d'inusité...

La montée de la droite est pour quelque chose dans la candidature de Serge Roy pour Québec solidaire (QS). Ancien président du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et militant altermondialiste bien connu, il est, avec Amir Khadir et Françoise David, l'un des trois grands espoirs du parti dans ces élections. «J'ai voulu me lancer dans un parti de gauche pour que la voix de la gauche se fasse entendre», dit-il. Serge Roy se présente dans Taschereau, le seul comté péquiste à avoir survécu à la vague anti-PQ du dernier scrutin. «J'ai rejeté l'hypothèse qu'on pouvait faire ça par l'intermédiaire du Parti québécois. [...] Pour moi, c'est une perspective à long terme. Ça ne va pas se régler le 26 mars, mais il faut amorcer une stratégie pour faire reculer tout ça, en allant voir le monde sur le terrain, en discutant avec les gens, et la gauche n'a pas fait ça suffisamment dans le passé.»

Non seulement la gauche est attaquée, mais elle semble avoir perdu sa capacité de mobilisation. Depuis le Sommet des Amériques, la plus grosse manifestation à s'être tenue à Québec fut celle... des supporters de CHOI-FM. On aurait pu s'attendre à une forte mobilisation contre le projet de terminal méthanier de Rabaska, par exemple. Or les groupes d'opposants ne sont jamais parvenus à faire sortir le débat de la Rive-Sud. En 2005, la plus importante manifestation dans les rues de Québec a attiré à peine 300 personnes.

Situé en plein coeur de Taschereau, le comité populaire Saint-Jean-Baptiste a été de toutes les luttes sociales au centre-ville ces dernières années. Là aussi l'inquiétude est bien réelle. «On a un peu l'impression d'être une forteresse assiégée», constate avec humour son porte-parole, Nicolas Lefebvre-Legault. «J'aurais beau faire tout ce que je peux pour résister au courant de droite, ce n'est pas ici qu'elle se trouve. L'immense majorité des groupes populaires sont situés dans le centre-ville», lance-t-il à propos du vote des villes fusionnées qui sont devenues les banlieues de Québec. «À tous les niveaux, le pouvoir est obligé aujourd'hui de composer avec la périphérie.»

Enracinés dans le centre-ville, les mouvements de gauche doivent composer avec une dichotomie diablement efficace, alimentée durant des décennies par André Arthur et ses héritiers. D'un côté, un centre-ville qui penche à gauche, la longue administration de Jean-Paul L'Allier, des fonctionnaires soi-disant privilégiés, l'establishment, des artistes pour divertir tout ce beau monde, et des groupes sociaux. De l'autre, les banlieues, les «vrais» travailleurs, les amateurs de sport, les fameux exaspérés par le système séduits par la droite.

Dès lors, le défi de la gauche en est un de catégories. «Le problème, c'est que la gauche est associée au statu quo, et les élites politiques ne s'en rendent pas compte», poursuit Nicolas Lefebvre-Legault, un anarchiste convaincu. «La droite, traditionnellement, c'est l'élite, alors qu'ici, à Québec, la droite monte en se présentant comme contestataire du système.»

Un discours si efficace qu'il parvient même à conquérir... des fonctionnaires! «Je le sais que j'ai des membres qui vont voter pour l'ADQ», concède le président du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Michel Sawyer. «Ce n'est pas qu'ils appuient les mesures d'abolition de postes, ils veulent surtout faire brasser la cage.» Beau paradoxe quand on sait que l'État est l'une des cibles préférées de Mario Dumont, qui capitalise sur les frustrations de la classe moyenne et des travailleurs précaires.

Même au centre-ville, l'ADQ est beaucoup plus populaire que Québec solidaire. Taschereau a beau être considéré comme le comté le plus à gauche de la région, à peine 3 % des électeurs ont voté pour l'Union des forces progressistes (l'ancêtre de QS) lors du dernier scrutin, contre 19 % pour l'ADQ. D'ailleurs, malgré les discours optimistes de ses collègues, on sent bien que Serge Roy ne croit pas en la possibilité d'une victoire. S'il espère prendre quelques votes aux péquistes déçus, voire aux adéquistes, il s'intéresse surtout aux 30 % d'abstentionnistes de 2003.

Simon Leclerc et Joseph Bergeron font partie de ces 30 % d'abstentionnistes, mais ils n'ont pas l'intention de voter pour Québec solidaire. «C'est beaucoup d'efforts pour trop peu de résultats», résume l'un d'eux. La démocratie représentative, ils n'y croient pas. Fondateurs du bar militant L'Agitée dans la Basse-Ville, les deux jeunes hommes appartiennent pourtant à cette nouvelle gauche révélée dans les rues de Québec durant le Sommet des Amériques. Mais le mouvement antimondialisation a perdu son côté rassembleur.

«Le problème, c'est l'incapacité de la gauche à récupérer le mécontentement des gens, lance Simon Leclerc. La droite crée des problèmes, les gens les subissent et ensuite ils se retournent contre la gauche pour se plaindre. L'usine déménage en Chine, le gars perd sa job et c'est la faute du syndicat. Pendant la saga d'Olymel, je lisais les éditoriaux et j'avais le goût de brailler.»

Son ami ajoute qu'à son avis les gens ne votent pas en fonction de la droite et de la gauche.

Un point de vue partagé par Michel Sawyer, du SFPQ. S'agit-il de voeux pieux? Une chose est certaine: certaines valeurs de la gauche, dont l'environnement, trouvent un certain écho au sein de la population.

Si le discours clairement à gauche de Québec solidaire rencontre de la résistance, celui du Parti vert fait des adeptes. Méconnus, peu couverts par les médias, les verts récoltent deux fois plus d'appuis (8 %) que QS (4 %), d'après un récent sondage CROP. Après tout, Québec recèle peut-être plus d'un mystère.

Par Isabelle Porter
Collaboratrice du Devoir

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